Rohan Express

Chronique de la vie politique bordelaise et au delà.

DERNIER TIR SUR L’AMBULANCE

Les beaux jours approchent, avec leur lot de réjouissances : le déconfinement, le retour des murges sur les quais, les mojitos à 38 € en terrasse… et les élections départementales ! Pour l’occasion, le beau petit monde de la juppéie rempile : Laurence Dessertine et Michel Dufranc devraient concourir sous l’étiquette « Agir », Marik Fetouh et Alexandra Siarri avec l’étendard « Bordeaux Ensemble ». Mais, une seconde… Personne pour reprendre le flambeau des Républicains, avatar de l’UMP, implanté dans la capitale des Girondins pendant un quart de siècle sous la férule du père fondateur, Alain Juppé ? Non, personne, le Parrain Nicolas Florian, soucieux de soigner son centre en vue des municipales de 2026, ayant pris soin de faire blocus sur sa droite pour qu’aucun candidat n’émerge . Vous reprendrez bien un peu de tambouille bordelaise ?

TRÈS CHERS (BILLETS) VERTS   

Pierre Hurmic avait promis une ville « résiliente » et « apaisée ». Il n’en sera ainsi ni des finances, ni des débats en conseil municipal. À l’occasion de celui du 30 mars, c’est sous les huées de l’opposition qu’a été voté le premier budget vert de Bordeaux. « Nous allons dégrader de manière consciente nos ratios », avertit, pas peu fière, la première adjointe, Claudine Bichet. Excusez du peu : avec 168 millions d’euros d’investissements, la capacité de désendettement de la municipalité, jadis brocardée pour ses dépenses somptuaires, passe désormais de 4,4… à 10 ans ! Les dépenses de fonctionnement augmenteront de 2% par an, et celles de personnel de 2,5%. Exit les engueulades sur la répartition du flouze, qui coule désormais à flots : Thomas Cazenave parle « d’argent magique »   quand   Nicolas   Florian   voit   un   «   flou   ». Et les contribuables bordelais, ils en pensent quoi ?

VALÉRIE DAMIDOT, LE RETOUR  

Souvenez-vous du coup de peinture, des WC neufs, et de l’éventuelle salle de shoot, proposée il y a quelques mois par la mairie pour accueillir les tox du Palais des Sports. Voilà que les services de la ville ressortent l’artillerie lourde, cette fois pour endiguer l’hémorragie d’agressions et de vols en tous genres aux Capucins, rappelés par une pétition forte de 2000 signatures : dès le mois de mai, des places de stationnement seront supprimées ! « On veut installer davantage de chalands à la place des voitures », justifie l’adjoint Olivier Cazaux. L’association culturelle Chahuts, qui promeut « les arts de la parole », sera aussi missionnée pour animer le quartier, à côté des dealers et consommateurs violents de la rue Elie Gintrac. Nul doute qu’ils seront les premiers divertis.

COMMUNIQUANT, UN MÉTIER ?  

Couac de communication, épisode 3284. Après la carte de voeux qui fit disparaître Chaban de la place Pey-Berland, la mairie de Bordeaux est revenue à la charge, fin mars. Une série d’affiches placardées dans toute la ville, appelant les bordelais à donner leur avis sur des questions culturelles, a fait bondir. « Artiste, c’est un métier ? » s’interrogeait l’une d’elles. Pain béni pour l’opposition, qui s’est vu servir la bonne soupe sur un plateau. « Nous regrettons que certains aient pu penser un instant que ces questions reflétaient les interrogations de la Ville », a fini par réagir la mairie. Peut-être l’occasion de reprendre en main le canard sans tête qu’est la com de Pierre Hurmic depuis son installation ?

TRICHE EN BANDE DÉSORGANISÉE

Fraîchement élu président de la fédération Les Républicains de Gironde, Benoît Rautureau va tenter de faire oublier le contexte navrant de cette élection, entachée par un scandale d’adhésions massives au profit de son ex- rival, Pierre de Gaétan Njikam. Bien connu des bordelais, cet ancien adjoint juppéiste avait en effet réussi à faire prendre leur carte à plus de 200 adhérents en à peine quelques heures. Mais le tour de force était en fait un tour de passe- passe puisque les centaines d’adhésions sujettes à caution ont été payées… avec une demi-douzaine de cartes bancaires ! Alerté, le quartier général parisien de LR, soucieux d’éviter les remous, décide de rayer des tablettes ces nouveaux militants pro « PDG », ironique surnom de celui qui, à défaut d’occuper un poste de Président Directeur Général, aura échoué à ravir la modeste direction de la section LR girondine. En effet, le candidat, affaibli, dégagera la piste quelques jours après les révélations. Pas de quoi redonner la « super-pêche » à une droite bordelaise moribonde.