[LES NOUVEAUX CAÏDS] Épisode 3: Chronique d’une tragédie annoncée

© Illustration Rodéo

L’affaire des Aubiers révèle notre incapacité collective à nous opposer à l’avènement du pire, quand bien même on nous en annoncerait l’heure et le jour. Et en la matière, c’est précisément ce qui s’est produit. Notre enquête nous permet d’affirmer que les événements survenus ces dernières semaines étaient prévus, annoncés et planifiés. Au jour près.

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À la suite d’une fusillade survenue le 14 décembre, les menaces de représailles, émanant des gamins des Aubiers eux-mêmes, sont relayées par de nombreux éducateurs, médiateurs, ainsi que par certains fonctionnaires de l’Éducation nationale, évoquant les 24 décembre et 1er janvier comme dates probables d’expéditions punitives. Et de réclamer une surveillance renforcée, notamment auprès du CPVU (Centre de Protection Vidéo Urbaine). Consigne a même été donnée aux médiateurs et éducateurs de garder l’œil ouvert et d’éviter notamment le Parc Chante-Grillon. Et pour cause…

Le 25 décembre, vers 15h, une voiture s’arrête devant le City Stade de Chantecrit, situé à deux pas du parc de Chante-Grillon. Trois hommes encagoulés en descendent et tirent sur cinq jeunes qui jouent au foot. Naël, 23 ans, est blessé à l’épaule. Promesse de vengeance tenue. À ceci prêt que Naël n’habite pas à Chantecrit et jouait au foot ici pour la première fois, à en croire sa mère. Une fusillade à l’aveugle qui n’est pas sans rappeler celle, mortelle, du 2 janvier.

Mais c’est un ultime incident, survenu comme annoncé le 1er janvier, qui pourrait être la cause de l’expédition punitive qui a coûté la vie à Lionel. Une rixe armée passée sous les radars de tous les médias, y compris des nôtres. Après avoir été blessé par balle au dos, un jeune de Chantecrit s’est rendu à la Clinique de Bordeaux Nord qui, semble-t-il, n’a pas remonté l’information comme elle en a l’obligation. Une bourde administrative qui n’aurait sans doute rien changé à l’histoire mais qui nous a fait passer à côté d’une affaire essentielle pour comprendre la tragédie des Aubiers : la victime de cette énième fusillade ne serait autre que le frère de l’un des quatre individus mis en examen pour le meurtre de Lionel. La vengeance familiale pourrait donc être le mobile de l’attaque. Une question demeure : fusillade aveugle ou assassinat ciblé ?

L’épisode précédent de notre enquête, « Les nouveaux caïds » est à lire ici: Dans la tête des « Gremlins »

Retrouvez l’épisode 4 samedi 6 mars dès 8h