[LES NOUVEAUX CAÏDS] Édito: Il n’y a pas de guerre des banlieues

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Il n’y a pas de guerre des banlieues. Les habitants des Aubiers, de Chantecrit ou de Grand-Parc ne sont pas en guerre.

Les mères de famille des gamins scolarisés dans les écoles du lycée Saint-Louis ou du collège Edouard Vaillant ne sont pas en guerre. Les travailleurs pauvres, les femmes de ménage, les chômeurs, les précaires parqués dans ces cités ne sont en guerre contre personne, n’agressent personne, ne tuent et ne souhaitent tuer personne. Non, il n’y a pas de guerre des banlieues à Bordeaux. Mais il y a une guerre des bandes et celle-ci est bien réelle.

Le samedi 2 janvier 2020, Lionel Sess est tombé sous les balles. Une attaque brutale, barbare, insensée. Une expédition punitive menée au pistolet-mitrailleur par des petits caïds sous-éduqués et sur-armés. Et un mode opératoire effrayant, évoquant, au choix : les soldats de Boko Haram qui mitraillent les foules désarmées au Nigeria à bord de leurs pickup ; les gangs de Los Angeles qui flinguent leurs ennemis d’une main en tenant le volant de leur 4×4 de l’autre ; les commandos islamistes qui, un soir de Novembre à Paris, à bord d’une Seat noir, ont tiré à la kalachnikov sur les clients du Carillon et du Petit Cambodge. Cet assassinat au coeur des Aubiers raisonne comme un avertissement : la délinquance est en train de changer de nature et une nouvelle génération, élevée au biberon du trafic, gavée de drogue et de haine, cherche à imposer par la force des armes un nouveau caïdat.

À Chantecrit comme aux Aubiers, le temps semble s’être arrêté. Il flotte dans l’air un parfum putride de vendetta. Les rumeurs de vengeance remontent chaque jour du terrain alors même que quatre individus ont été incarcérés et mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre. Le cycle infernal attaques-représailles semble enclenché.

Qui pour l’arrêter ?

A lire, notre enquête sur « Les nouveaux caïds », épisode 1: Aubiers-Chantecrit, la mécanique du pire