Loi sécurité globale: 100% bénef pour la police… et pour la presse !

La dernière tentative de réforme du gouvernement se heurte, comme souvent en France, à un mur de protestations. A Bordeaux, comme dans tout le pays, une coalition de journalistes s’est mise en tête, à l’aide du NPA, de LFI, Greenpeace et Amnesty, pour ne citer que ces formations de gauche les plus fréquentables, d’éclairer l’ignorante populace de leur brillant savoir. La loi dite « Sécurité globale », proposée par le ministère de l’Intérieur afin de réglementer la diffusion d’images de flics en exercice, serait une insoutenable atteinte à la liberté d’informer. Séance de rattrapage: le projet ne prévoit pas l’interdiction de la prise d’images des policiers, gendarmes et agents de sécurité (comme inlassablement répétée par ses détracteurs). Il s’agit seulement de pénaliser leur diffusion si elles rendent possible l’identification des forces de l’ordre, avec l’intention de leur nuire. « Hélas, c’est la qu’est l’os » dirait l’autre. « L’intention » est un critère subjectif. Il appartiendra donc aux « autorités compétentes » de trancher. Qu’ils soient rassurés, les images pourront toujours servir à confirmer ou infirmer des violences policières, unique motivation de ceux qui les filment dans les manifs. Leur appréciation relèvera seulement désormais des autorités administratives et judiciaires… et aussi des journalistes, qui pourront se les repasser pour faire leur travail: oui on non, y-a t’il eu dérapage ? Des images non contextualisées n’alimenteront donc plus des foules en quête d’indignation qui n’ont ni la capacité de s’extraire de leurs biais anti-flics, ni la capacité de juger la situation depuis leur canapé. La loi sécurité globale n’est donc pas le texte liberticide que l’on prétend. Elle protégera davantage les forces de l’ordre de menaces toujours plus pesantes. Osons-le, elle garantira même l’intégrité des journalistes, en les empêchant de publier des images potentiellement trompeuses, et qui pourraient alimenter une campagne de haine à leur détriment. Pas d’inquiétude, nous pourrons toujours nous délecter devant les images d’affrontements entre forces de l’ordre et casseurs sur les chaînes info. Les saccages perpétrés dans le centre-ville de Bordeaux, en marge des manifs des 24 et 28 novembres, en témoignent. La seule règle, grosso modo, c’est juste le visage. Tout le reste est encore filmable. Plutôt fair-play. Alors, est-ce vraiment raisonnable de manifester pour le seul droit à diffuser le visage d’un policier ? En tout cas suffisant pour que le premier ministre n’ait la main qui tremble et décide de convoquer une bonne vieille commission. En attendant que la situation ne se débloque, la presse, à notre exception, semble avoir choisi son camp. La télévision publique locale floutait les visages des casseurs de la rue Sainte-Catherine, lors de la « marche des libertés », ce qu’elle refuse de faire pour les policiers qui nous protègent. Cherchez l’erreur.