Les vols à la roulotte se multiplient à Bordeaux

« Et mec ! Elle est où ta caisse ? »
(A lire dans le numéro 2 de Rodéo)

Tristement banal, le phénomène des « vols à la roulotte » redouble de vigueur ces dernières semaines sur la métropole. Petite comptabilité, non exhaustive, réalisée par nos soins: dans la nuit du 10 au 11 octobre, à Blanquefort, huit véhicules sont fracturés par quatre mineurs, âgés de 14 à 17 ans. Nuit du 24 au 25 octobre: trois adolescents sont arrêtés pour avoir forcé deux voitures stationnées rue de l’Abattoir, quartier Saint-Jean. Même scénario place Paul et Jean-Paul Avisseau, aux Chartrons, le 31 octobre, sans que les auteurs du double méfait ne soient appréhendés. Le secteur souffre alors d’une véritable hémorragie: dans la nuit du 6 au 7 novembre, cinq véhicules rue Pourmann et une quinzaine, avenue Émile Counord, sont encore forcés. Deux mineurs sont incarcérés. Le 4 novembre, un bassiste dépité lance un appel: « Je me suis fait ouvrir ma bagnole dans un parking privé souterrain de la Victoire. Elle contenait ma guitare Baryton, une Eastwood Sidejack. Si quelqu’un voit ça sur Leboncoin ou quoi, merci de me faire signe. » Message transmis. Le 25 octobre, c’est un pillage en « live » qu’ont vécu deux malheureuses automobilistes – dont une a fini par décéder de ses blessures – après avoir percuté un tramway, place Bir-Hakeim. Dans le quartier Sainte-Croix, en particulier rue Jacques Ellul, souvent concernée, les derniers faits déclarés remontent au 29 novembre. Rarement volées, les voitures n’intéressent les pillards que pour leur contenu: téléphone portable, portefeuille, sac à main, autoradio etc. Selon une étude menée par la Gendarmerie nationale, en 2010, 35% de ces vols sont commis sur des voitures dont les portes ne sont pas verrouillées. Crochetage de serrure, technique du « pliage en portefeuille » de la portière ou explosion de vitres, tous les moyens sont bons. En mai dernier, un trio de jeunes était finalement arrêté, après une belle série: 45 vols et 47 dégradations de véhicules, sur tout le département, en quatre jours. La sentence, pour le seul majeur du groupe, était tout aussi extraordinaire: six mois de prison avec sursis. Si vous souhaitez éviter les tracas d’assurance ou la nausée à l’épreuve d’une justice permissive, mieux vaut rouler à vélo ! Ou pas: 2.600 plaintes sont déposées chaque année à Bordeaux pour vol de bicycles. Ça nous fera des pieds !

Dans la soirée, quatre femmes sont braquées à Talence et Villenave d’Ornon, sous la menace d’une arme. Agissant près des arrêts de tram, un duo dépouille ses victimes depuis un fourgon.
« Aucun geste de violence n’a été commis » tempère alors le journal de référence local. Les victimes apprécieront l’euphémisme.