Édito

Tous les ingrédients étaient réunis : un nouveau journal papier dans un paysage dominé par quelques titres, une lumière crue sur l’insécurité vécue par des habitants inquiets, une satire de la vie politique locale dans un landerneau où l’on n’aligne pas un mot plus haut que l’autre… La rencontre s’annonçait piquante. Elle n’a pas été décevante. Élus locaux et nationaux, confrères journalistes, Bordelais, tout simplement… Notre premier numéro a été accueilli avec grande curiosité, enthousiasme ou méfiance, entre interrogations légitimes et pronostics staliniens. Vous l’avez déjà constaté, ou vous l’observerez dans ces pages, Rodéo n’est pas un tract vichyste, mais un journal renseigné au propos modeste et à l’objectif ambitieux : faire accepter ce réel qui suinte, notre seul parti pris. Trop engoncés dans leurs certitudes, certains ne veulent pas le voir, et préfèrent ergoter sur nos intentions, nos identités. Dans les couloirs du palais Rohan, les chasseurs de têtes s’activent, doivent-ils n’avoir rien d’autre à faire… Extrême droite ? Droite extrême ? Blanc bonnet ou bonnet blanc, ils sont à côté de la plaque. La frange la plus sombre de l’échiquier politique n’a pas le monopole de nos préoccupations – sortir dans la rue sans se faire poignarder ou trébucher sur une seringue, pour faire court – et elle ne doit jamais l’avoir. On nous dit racoleurs ou sensationnalistes ? Plus légère sera la plume, plus digeste sera la réalité. Anxiogènes ou catastrophistes ? Nous avons choisi de quitter le pays de Oui-Oui. Monomaniaques ou cloisonnés ? L’insécurité nous concerne, au même titre que toutes les mutations, machinations, coulisses, et non-dits de notre ville : Rodéo s’y penchera à chaque numéro, « quoi qu’il en coûte », toujours à votre écoute. Alors accrochez-vous, ça va secouer !